Muzeul Textilelor de Băiţa

Florica Zaharia a été conservatrice du département textile du Metropolitan Museum of Art de New York avant d’ouvrir en 2017 son propre musée au cœur de Băiţa. Composé de trois lieux, le Muzeul Textilelor propose, outre un espace dédié aux expositions, un Art café et un complexe d’habitations traditionnelles des monts Apuseni.

Le musée comporte de riches collections textiles et des outils de zones géographiques diverses : Roumanie, Europe, Proche-Orient, Inde, Asie centrale, Japon, Chine, Afrique, Océanie et Amériques, ainsi qu’une bibliothèque textile.

Le premier bâtiment datant de 1857 est situé au centre de la localité. Il attend d’être restauré pour accueillir l’exposition permanente des collections textiles.

Le second, plus récent , se situe dans l’ancien magasin général de la ville. Outre des espaces administratifs et techniques, il comporte une large salle d’exposition temporaire, attenante au Art café. L’exposition Laine et eau – couvertures de feutre tissé des Balkans et de la région des Carpates y est présentée du 24 mai au 24 novembre 2019. De mars à septembre 2019 le Art café accueille Decades of Visual Memory présentant les photographies de Georghe et Anna Tripon.

Le dernier espace, plus éloigné du bourg se situe dans le village de Hartagani. Il s’agit d’une ferme traditionnelle, typique de la région de Hunedoara. Autour des bâtiments rénovés prendront place des cultures de plantes à fibres et plantes tinctoriales.

  • WORKSHOP : Atelier d’impressions xylographiques

Dans le cadre de la fête du village de Băiţa, le Muzeul Textilelor invite Mircea Lac, professeur d’art populaire de la région de Hunedoara.

Lors d’atelier organisés le 6 juillet 2019 il fait revivre la tradition de la xylographie, qui consiste à imprimer sur papier ou textile un motif préalablement gravé sur une planchette de bois ensuite encrée. Le public était invité à découvrir l’impression de motifs traditionnels de la région de Pădureni ainsi que de motifs plus contemporains.

  • Decades of Visual Memory, photographies d’Ana et Gheorghe Tripon

Du 29 mars au 15 septembre 2019, l’exposition Decades of Visual Memory présente au sein du Art café du Muzeul Textilelor de Băiţa, une sélection des photographies d’Ana et Gheorghe Tripon. Pendant plus de trente ans, entre 1958 et 1992, Ana et son mari ont capté lieux, habitants, fêtes villageoises et par la même occasion, textiles et costumes. Ainsi, leurs images montrent l’évolution sociale d’une communauté villageoise et de ses usages textiles.

  • La collection Alba par Mirela Traistaru au musée textile de Băiţa

La collection intitulée Alba ( Blanc ) s’est construite de décembre 2018 à mars 2019 dans le cadre de l’Interfite marquant le premier volet de la Saison France Roumanie, en France. Ainsi lors de plusieurs résidences à Clermont-Ferrand, Mirela Traistaru rencontre de nombreux partenaires pour penser et bâtir le projet. Les élèves du lycée professionnel Marie Laurencin de Riom et les salariés de l’atelier d’insertion « Autour du costume » (INSERFAC) de Chamalières, réalisèrent coupe et confection tandis que le FabLab de l’École Supérieure d’Art de Clermont Métropole, ESACM réalise l’impression des motifs textiles.

La collection associe des motifs textiles traditionnels roumains et des coupes contemporaines pour que les jeunes générations s’approprient des vêtements riches d’histoires et de sens patrimoniaux. Ainsi Mirela Traistaru combine motifs de couronnes de fleurs, évocations de photographies anciennes et contemporaines, notamment de ses enfants. La collection Alba avait été exposée au musée Bargoin de Clermont-Ferrand lors de l’Interfite en mars 2019.

  • Le complexe d’Hartagani

Aujourd’hui partie intégrante du parcours du Muzeul Textilelor de Băiţa, la ferme d’Hartagani située à quelques kilomètres du bourg, a été construite au début du XXème siècle. Elle fut la propriété de Petru Tripon, charpentier du village. En 1998, en ruine, Florica et Romulus Zaharia la rachètent afin de sauver ce témoin de l’architecture vernaculaire et des pratiques agricoles locales.

La ferme se compose de plusieurs bâtiments. La maison principale datant de 1902 compte deux pièces à vivre, accueillant également un métier à tisser. Un second bâtiment accueille la cuisine et une pièce réservée à l’hivernage. Autour, prennent place des bâtiments agricoles. Près de la rivière, une maison légère en bois compte deux marteaux-pilons anciennement mis en marche par l’énergie hydraulique de la rivière toute proche. Ces puissants outils avaient pour vocation de piler les tiges séchées de chanvre en vue de les assouplir pour en faire des fibres textiles.

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